Des métiers de créateurs sous contraintes : les développements produit/process
Par Gérald Gontier le mardi 3 juillet 2007, 11:43 - La communauté des passionnés - Lien permanent
Voici un dilemme incroyablement perturbant la technique n'est plus la seule réponse mais reste la base de toute réponse ! Mon propos n'est pas d'opposer la technique au "développement durable" pour reprendre une expression à la mode. Mais bien de faire sentir la nécessité pour tout développement à long terme de s'appuyer sur les techniques et leurs experts afin de construire une solution optimale selon des contraintes en pleine évolution. Je pense sincèrement qu'un développement efficace passe aujourd'hui peut-être plus qu'hier par un pilotage humain du croisement des compétences pour réaliser le présent en anticipant le futur.
La transformation des matériaux est un élément indispensable de la fabrication du produit fini. C'est une étape où la concurrence est rude.
En effet les matières premières sont généralement obtenues par des industries lourdes dépendantes des ressources minières et énergétiques. La dimension des ces industries ont construit des sociétés puissantes en situation d'oligopoles sur leurs marchés. Elles sont donc plus ou moins incontournables et définissent leurs niveaux de prix. Leurs principaux risques étant la stabilité politique des lieux d'extractions des minerais ou du pétrole (énergie + chimie). Ce n'est donc pas sur cette part de la chaîne de coût que le distributeur du produit peut faire pression. Nous l'avons vu récemment par l'orchestration de la hausse de l'acier, des alliages à minerais "rares", du pétrole et donc de ses dérivés (plasturgie, laquage,...) ainsi que l'augmentation de la part énergétique dans les industries de produit semi-finis (verre, fonderie, filage, laminage à chaud,...).
De plus beaucoup de procédés de transformation peuvent être décliné par des opérations très manuelles ce qui expose les usines à une concurrence des coûts liés à la main d'oeuvre. La pluralité et la diversité des procédés pouvant être mis en oeuvre pour l'obtention d'une même fonction d'un produit, ne permet pas non plus à l'ensemble des sociétés de transformation de créer une unité naturelle permettant de contenir les pressions de hausse des coûts des matières premières et les pressions de baisse de prix des distributeurs ou donneurs d'ordres. Ceci en assurant un retour sur investissement de plus en plus élevés en rémunération de ses actionnaires. Le plus souvent organisé en consortium bancaire-assurance-fond-de-pension.
Le tableau n'est pas rose. Mais c'est dans l'adversité que l'esprit humain développe toutes ces compétences ! Les créateurs, car ce sont des créateurs, de couple produit-procédé doivent entreprendre un réel changement d'état d'esprit. Entre leur penchant naturel à mettre leur savoir technique dans leur développement et la remise en question constante des solutions envisagées pour répondre aux contraintes de la qualité du produit final (réponse aux cahiers des charges techniques mais aussi fonctionnels) de coût produit et de développement, de son délai de mise en série et de fabrication. Peut-être même bientôt en fonction de son "coût" énergétique ou de dépollution engendré par sa production et/ou sont utilisation.
Pour être un peut plus concret la question qui doit être constamment à l'esprit des développeurs doit être : "En quoi le produit/procédé que je développe est particulièrement difficile (d'un point de vue qualité, d'un point de vue coût, d'un point de vue délai) à mettre en oeuvre par mes concurrents ?"
Sans oublier que cet espace est avant tout un moyen de recherche d'une adéquation entre un homme et une entreprise. Dans ce monde d'étiquette, je cherche à créer une zone d'échange qui nous permet de regarder au dos.
Quel meilleur sujet d'échange que nos passions professionnelles ou non, qui nous apprennent plus que les cases formatées de nos CV électroniques ?
Commentaires
bonjour, merci pour cecbillet intéressant (comme souvent !) ; hneureusement que tu as précisé : 'verre, fonderie, filage, laminage a chaud'
n aurait eu du mal à saisir l'essnetiel 